La traversée du salar d’Uyuni !

– du 19 au 21 octobre 2019 –

En quête d’aventure, bien au chaud dans notre salon, un an plus tôt, on nous étions tombées sur la vidéo d’un cycliste traversant le salar d’Uyuni. C’était devenu notre idée fixe. Rêve, quand tu nous tiens ! Après cinq mois de voyage, un peu plus de 4000 kilomètres à vélo, et quatre pays traversés, nous y étions ENFIN. On n’avait pas vraiment imaginé tout le reste de l’aventure, mais ce moment là, quand on roulerait au milieu du plus grand désert de sel du monde, on l’avait en tête depuis le premier coup de pédale, c’était notre carotte dans les moments difficiles !

Seulement voilà, on avait fait une pause d’une journée à Salinas, pour recharger les batteries (et surtout glander un peu car on aime bien !). Résultat, le temps s’était gâté, et le salar éclatant que nous voyions depuis la fenêtre de l’hospedaje avait franchement noirci, de nuages menaçants. Quelques kilomètres après avoir quitté le village, les pantalons de pluie étaient de sortie. On vous raconte pas l’ambiance !
Nous devions passer près du volcan Tunupa, qui surplombe fièrement la rive nord du salar. Le mauvais temps l’avait recouvert d’une chape de nuages qui ne donnaient franchement pas envie d’aller s’y frotter. Comme la piste était annoncée belle mais terrible par la face est du volcan, nous avions préféré tirer côté ouest, car pluie risquait de bien corser la traversée. De toute façon, vu le panorama, on n’allait pas perdre grand chose. On pédalait, penaudes, entre les champs de quinoa déserts… Pas sereines, les nanas !

Mais peu à peu, la visibilité s’améliorait. Bientôt, les pantalons étaient secs, et même si le ciel restait gris, on avançait bien sur le chemin de sable pas si sableux que ça.

le volcan Tahua coiffé de ses nuages, plus si menaçants que cela

Si bien qu’à midi, nous étions déjà à Tahua, dernier village avant le salar ! On pensait y dormir pour attendre de jours meilleurs. Mais, ô miracle, le ciel semblait dégagé juste au bord du salar ! Alors après avoir rempli les vaches à eau, et acheté quelques vivres à un sympathique gars du village qui parlait « comme cha » en mâchant ses feuilles de coca, on s’élança sur le salar, vers le beau temps, comme dans nos rêves les plus fous. Ch’était inechpéré !

Entre Tahua et l’île d’Incahuashi, il était facile de suivre la trace des 4×4, qui devaient être plus nombreux que sur le salar de Coipasa, au vu de l’autoroute que leurs pneus avaient tracé dans le sel. Pourtant, de tout l’après-midi, nous n’en vîmes pas un. On naviguait plein sud, vers le petit point à l’horizon dont les contours se précisaient peu à peu. A l’ouest, la silhouette d’îlots dont on ne pouvait dire la taille ni la distance, tout était mirage. Jamais le sol et le ciel n’avaient été si lumineux, et à la fin du jour, en rejoignant l’îlot d’Incahuashi quarante bornes plus loin, les yeux nous piquaient malgré les lunettes de soleil que nous n’avions pas quitté de la traversée.

Alors que nous n’avions croisé personne depuis l’arrivée sur le salar, au bord de l’île des dizaines de touristes débarquaient de 4×4, appareil photo en main, pour grimper sur l’île par un chemin aménagé entre les cactus géants. Changement d’ambiance ! Mais dès le coucher du soleil, ils avaient tous filé, et l’on eut l’île rien que pour nous (nous trois, en fait, car peu après notre arrivée sur l’île, un cycliste belge nous avait rejoint depuis la rive ouest du salar). On eut alors tout le loisir de profiter des lieux jusqu’à la nuit venue.
Encore maintenant, on ne sait pas ce qui était le plus fou : l’ombre grandissante des cactus géants jusqu’au dernier rayon de soleil, ou le vent qui soufflait si fort qu’on peinait à respirer quand on l’avait de face, ou le ciel enflammé juste avant la nuit noire… Ou peut être la sensation incroyable d’être loin de tout, dans un endroit si beau et hostile à la fois, que l’on peinait à le croire réel. Il faisait froid, pourtant jusqu’à la dernière lueur du jour nous étions aux premières loges, sur les tabourets taillés dans le sel au bord du rivage, à admirer le spectacle.

En allant se coucher dans la salle du musée, que les « guardaparques » avaient laissé à notre disposition, nous avions des étoiles plein les yeux, de cette journée si lumineuse, du ciel en feu le soir venu… Ou peut être était-ce juste les milliers d’étoiles qui brillaient dans le ciel, une fois les lumières éteintes.
Nous aurions pu rejoindre la ville d’Uyuni le lendemain, mais nous n’en avions pas eu assez. Il FALLAIT qu’on plante la tente sur le salar. Alors après avoir regardé le flot de touristes débarquer à la chaîne dès le lever du jour, en dégustant notre porridge du matin, on s’en alla vers l’est, tout tranquillement. Le plan était de pédaler lentement, ce qui ne s’avéra pas si simple, car le vent soufflait fort dans notre direction, en plus de rouler sur le salar tassé par les 4×4. Combien de pauses thé a-t-on fait ce jour-là? On ne sait plus trop, mais après bien des efforts, nous parvînmes à ne pas rejoindre la terre ferme à la fin du jour. Nous étions à 15 kilomètres de la rive est, et l’îlot d’Incahuashi avait disparu du rétro depuis longtemps. Le salar a de fou que son immensité fait disparaître les reliefs autour au fil de la traversée, comme en plein océan. Mais le ciel s’était voilé, et c’était loin d’être la journée de rêve qu’on s’était imaginé. Steph râlait tellement en enfonçant péniblement les sardines de la tente dans le sel dur comme la roche, à l’aide du caillou ramasse le matin sur l’île. « De toute façon ça sert à rien, y’aura jamais de coucher de soleil! », « on va tordre toutes les sardines, c’est impossible ton truc !! », « on va se faire écraser par un 4×4 cette nuit, tu vas voir, on l’aura bien cherché! ». Pourtant, une fois la tente plantée, le soleil revint. Encore un tour de magie. Et ce bivouac, tellement parfait, on s’en souviendra toute notre vie !!!

Le lendemain, au réveil, le ciel était bleu azur, sans un nuage, et le salar plus blanc que jamais. Séance photo, p’tit dèj’ à rallonge, on n’arrivait pas à décoller. On avait enfin droit au salar qu’on avait attendu tout ce temps. Quelle récompense !

Au final, traverser le salar d’Uyuni aura été très différent de ce qu’on avait imaginé. Le temps changeant, le froid, le moral qui avait failli par moments, et cette fin époustouflante, tout cela en avait fait une expérience très particulière, bien plus singulière que dans nos rêves les plus fous. En parcourant les vingt bornes de bitume qui séparent le bord du salar à la ville d’Uyuni, on rêvait de notre aventure devenue réalité, et on se disait « quelle chance d’être là, de voir en vrai toutes ces belles choses », et puis aussi « vivement une bonne douche et un lit propre! ». Nous n’étions pas au bout de nos surprises…

2 commentaires sur “La traversée du salar d’Uyuni !

  1. Coucou les filles,

    Je ferai partie des touristes en 4X4 dans les Salars au mois de juin et j’ai hâte d’y être. Merci de nous faire voyager, c’est un joli cadeau de Noel. Gros bisous à vous deux.

    Françoise

    >

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