Sur l’avenue des volcans (2) : vers la lagune de Quilotoa

Depuis l’arrivée en Équateur, tous les matins à 4h30, nous étions réveillées par le coq enroué du coin, qui ne s’arrêtait plus de la matinée. C’était barre de rire garantie avant même le lever du jour, et réveil aux aurores dans la bonne humeur. Le lendemain de la traversée du Cotopaxi, nous étions donc sur le pont avant le lever du soleil, avec cette envie décidément irrépressible de prendre un nouveau détour. On nous avait parlé d’une lagune aux eaux turquoise dans le cratère d’un vieux volcan éteint, auprès de laquelle nous pourrions bivouaquer, et encore oublier le temps au spectacle des lieux. Cap à l’Ouest, donc, tout en confiance, puisque le sympathique gars de l’hôtel/camping nous avait promis un temps splendide, malgré les nuages menaçants.

Mais de lever du soleil il n’y eut point, et dans la matinée une petite bruine bien tenace s’invita à la fête.

Les jours qui suivirent furent tantôt pluvieux, tantôt brumeux, un peu venteux… C’est à cette période que nous commençâmes à ressentir une liberté intense dès que nous reprenions la route. Était-ce les kilomètres parcourus qui nous avaient rendues plus légères ? Cette ambiance ô combien mélancolique, qui nous inspirait ?

Nous découvrions une région rurale, un peu austère sous la grisaille, mais pleine de vie, tous aux champs malgré la pluie, les prairies aux vaches bien grasses, lamas, cochons en bord de route…

Nous étions parties loin, jusqu’en Irlande, et tout était possible.

Bienvenue en Irlande


Des deux jours de montée vers la lagune, on ne saurait dire quel moment fut le plus fou. Nous avalions les kilomètres en tenue de pluie, et le sourire aux lèvres. La brume passait, dévoilait ci et là le paysage qui changeait avec l’altitude. Des villages très tranquilles défilaient, nous échangions des saluts discrets avec leurs habitants timides. Peu de paroles, la plupart ne parlait que Quichua. Ils avaient tous un lama, et les femmes portaient d’élégants chapeaux feutrés noirs sur leurs longues chevelures à nattes. Une chose est sûre dans tout ça : le souvenir de la fine silhouette des eucalyptus dans la brume nous laissera longtemps songeuses.

Depuis le nord, les trois tous petits derniers kilomètres avant la lagune de Quilotoa ont une pente à 20 %. Alors oui, avouons-le, nous avons poussé les bécanes sur la dernière borne. Et c’était dur ! Mais enfin, le dernier relief passé laissa apparaître la lagune au fond de son cratère. Par ce temps tourmenté, l’eau était glaz plus que turquoise. Il régnait une ambiance dramatique, surnaturelle. Alors nous nous installâmes au sommet du cratère, pour admirer jusqu’à la nuit ce spectacle saisissant, avant de nous glisser dans la tente pour un nouveau bivouac de rêve.

So far, so good.

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