En route vers Quito: roulez jeunesse, qu’ils disaient !

La classe à Dallas …

Nous étions contraintes de suivre la Panam’ au moins jusqu’à Ibarra, où Émilie devait recevoir son troisième vaccin antirabique, en doux souvenir de cette chère Princesa (dont nous étions d’ailleurs sans nouvelles). Pas de grands espaces perdus dans l’immédiat, donc, mais une double voie déserte et parfaitement bitumée, taillée à flanc de falaise, par laquelle nous dévalâmes 1300 mètres de dénivelé négatif de bon matin, dès la sortie de San Gabriel. Quel kiff !

Arrivées en bas, drôle de changement de décor auquel on ne s’attendait pas : nous roulions désormais dans une vallée désertique au fond verdoyant, où des dizaines de moucherons nous piquaient les mollets à chaque coup de pédale. On se serait cru dans une oasis marocaine. Les montagnes autour étaient splendides. Et cette lumière… C’était beau !

Voyage au Maroc

Mais comme on commençait à le comprendre, l’Équateur n’est jamais plat. Alors la vingtaine de kilomètres dans cette fournaise se transforma en suite de petites collines à gravir, avant d’entamer la vraie grimpette jusqu’à Ibarra. Aïe (ces mouches, alors !). C’est par là que l’on eût la « chance » de goûter à notre première « fritada » : viande de porc grillée accompagnée de pommes de terre, maïs, riz, un brin de salade… On a franchement espéré en trouver des meilleures à l’avenir.

A Ibarra, nous aperçûmes à peine le charmant centre-ville colonial, où Émilie se fit piquer, au bras, cette fois. Le spectacle aux alentours était grandiose. Nous avions trouvé refuge chez Hamilton, jeune professeur d’anglais qui partait le lendemain en voyage en Europe. C’était vraiment chouette. Seulement, Steph avait bel et bien laissé sa légendaire santé digestive quelque part en Colombie (sans doute au fond de la rivière du fameux bivouac aux vaches ?). Elle faiblissait à vue d’œil, et même la visite culturelle de la ville, qui jadis l’aurait passionnée, n’éveillait son esprit. Au grand dam d’Émilie, qui se voyait déjà au sommet du Cotopaxi, une pause s’imposait. Encore. Nous remerciâmes donc Hamilton pour son accueil chaleureux avant qu’il ne s’envole pour l’Espagne, et roulâmes vers le petit village de Cotacachi, à une vingtaine de bornes de là.

Il fallut trois jours à Stéphanie pour reprendre du poil de la bête. Trois jours de repos absolu, à vivre « comme à la maison » chez Clare, notre merveilleuse hôte américaine expatriée à Cotacachi depuis trois ans. C’est bête à dire, mais après deux mois de vadrouille, nous trouvâmes chez elle tout le confort dont nous rêvions, à commencer par un régime alimentaire un peu plus familier. Comme elle, un certain nombre d’expatriés américains ont élu domicile dans la petite bourgade de Cotacachi, pour sa douceur de vivre et les richesses de sa région : productions de café, itinéraires de randonnée à en faire pâlir le tarin le plus chauvin, et une multitude d’artisanat local, issu des populations indiennes alentours; en témoigne le célèbre marché d’artisanat d’Otavalo, la ville voisine, où nous aurions adoré acquérir un poncho ou un joli pull en alpaga, si seulement cela n’avait pas risqué d’alourdir nos sacoches…

Emilie, Clare et Steph

Après avoir beaucoup dormi, cuisiné des bons petits plats, papoté des heures avec Clare de l’Équateur, de l’Amérique, de la vie, et nous être gavées de pain aux céréales d’une boulangerie locale providentielle, nous étions d’attaque pour reprendre la route. Tant pis pour l’ascension des sommets alentours, nous n’aurons fait qu’un petit tour à la jolie lagune de Quicocha, à quelques kilomètres de là. Sans avancer d’un poil, nous avions le sentiment, en trois jours, d’avoir appris beaucoup sur la culture du pays que nous allions traverser. Un immense merci à Clare, pour son accueil simple et sincère, qu’on n’oubliera pas de sitôt. Nous garderons également le souvenir amusant de ses poules qui chaque soir grimpaient à l’arbre de la cour, pour y passer la nuit, toutes sur la même branche.

Steph guérie !

Les deux jours de vélo qui suivirent furent un tel plaisir ! Le beau temps était de la partie, et nous roulions au spectacle grandiose des volcans alentours, le Fuya Fuya sur notre droite, l’imposant Imbabura sur notre gauche, et au loin, après la côte, la cime enneigée du Cayambe dépassant des nuages.

Bientôt, nous plantions la tente sur la ligne de l’équateur, à quelques mètres près sans doute. C’était le pied !

A cheval sur la ligne de l’équateur !

Le lendemain, en quelques coups de pédale, nous atteignions Quito, qui nous apparut de très loin, une immense mer citadine qui s’étend sur des kilomètres, au pied du célèbre volcan Rucu Pichincha.  Cette fois, le ciel était entièrement dégagé, et le Cotopaxi apparaissait au loin, mais pourtant si près.

Grandiose. Quelle immensité. Vivement la suite !

Vue de Quito, avec au loin les volcans jumeaux Rucu et Guagua Pichincha

Un commentaire sur “En route vers Quito: roulez jeunesse, qu’ils disaient !

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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