Del Bordo à Pasto : une princesse dans le désert…

– du 26 au 27 juin –

A peine remises de notre mésaventure de la veille, nous repartions sur l’asphalte. Quelques kilomètres plus tard, Miguel Ángel nous rattrapait. On ne vous l’a pas présenté ?! Un cyclovoyageur mexicain, rencontré la veille chez Sylvia et Otto. Ni une ni deux, nous étions trois pour affronter ce désert valloné. 

Toute la journée, montées et descentes se succédèrent à un rythme régulier (vive le fractionné), sous un soleil accablant. La compagnie de Miguel était agréable, et puis avec lui, on faisait plein de pauses : tantôt pour une boisson fraîche, tantôt pour déguster une orange en admirant un pueblito de montagne, tantôt pour… réparer sa roue crevée. A son contact, Émilie améliorait son espagnol mas rápidos qu’il ne faut de temps pour le dire.

dans la première montée du jour

Après une nuit de repos dans la ville étape d’El Remolino, le plus dur restait à venir. Soixante et un kilomètres nous séparaient encore de Pasto, dont cinquante de montée .. nous étions prévenues ! Même avec un départ plus que matinal (le coq lui-même dormait encore), le soleil prit vite ses aises et fit monter la température d’une centaine de degrés, au moins. Malgré l’entraînement acquis depuis le début de l’aventure, une turista qui pointait son nez ainsi que le litre de sueur perdue à chaque tour de pédalier mettaient nos corps à rude épreuve ! Grâce à un cycliste colombien qui nous accompagna jusqu’à la fin de cette satanée « subida », et qui nous offrit même un rafraîchissement, nous en vînmes à bout.

la descente du KIFF

Une superbe descente et une libération d’endorphines plus tard, nous entrions dans le département de Nariño (là où ça craint, pour les initiés). Il ne restait alors plus « que » vingt-cinq kilomètres de montée. À l’ombre d’un arbre, il était temps de nous sustenter, d’un traditionnel pain bagnat, désormais aliment phare de nos cyclo pique-niques. 

Après une petite sieste à l’ombre du soleil (mais pas à l’abri des piqûres de fourmis), il était déjà l’heure de repartir. Stephanie, dont l’estomac dansait la salsa, comptait les mètres la séparant de la prochaine pause. A peine plus loin, l’appel d’une tienda au bord de la route nous fît poser les bécanes une fois de plus. Nous savourions cette nouvelle pause, et l’ombre providentielle procurée par la tienda, à la recherche de courage pour repartir. Mais où était-il passé ?

Émilie, dans un espagnol désormais parfait, demanda la permission d’aller « al baño », et en un éclair, ce fut le drame! Voilà qu’elle était mordue aux 2 mollets, par un chien sorti d’on ne sait-où, chassé malheureusement trop tardivement par les coups de balais des señoras de la tienda. 

Cerveau d’urgentiste activé : morsure + Amérique du Sud = rage potentielle, probable infection, voire gangrène, voire amputation, et donc fini le ski de rando, le trail, les défilés de mode ( heu 🤔). Les femmes de la tienda nous rassurèrent , le chien était «vacciné» ;  mais évidemment, impossible de trouver le certificat de «la Princesa que mordió a una ciclista». Parce que oui, le chien qui a mordu Émilie s’appelle «Princesa». Après réflexion, nous étions à au moins 10h de vélo de la ville la plus proche susceptible de disposer d´un centre anti-rabique. Enfin, nous avions une excuse pour ne pas finir la montée !

Cette dure journée se transforma donc en session stop sur la Panamericana. Nous aurons mis une heure avant de trouver le bon mouvement de poignet correspondant au pouce levé chez nous. Un semi-remorque fit office d’arche, vélo sur la plateforme, Steph devant à papoter avec le conducteur, Miguel et Émilie à l’arrière, avec les vélos. En un clin d’œil, nous étions à Pasto. Facile ! Sans cette histoire rageante, nous aurions crié Ô joie!

Emilie, de l’autre côté du miroir

Arrivées à Pasto, direction les urgences de l’hôpital universitaire, et là, surprise, c’était comme à la maison. Un infirmier d’accueil et d’orientation (ne) prit (pas) les constantes d’Émilie et les nota sur un bout de papier . Émilie fut d’ailleurs très déçue de sa fréquence cardiaque estimée à 90/minute, après un mois-et-demi de vélo. Puis ce fut la pré-consultation avec l’interne, puis avec un sympathique médecin, devenu hilare en apprenant le nom de la coupable (Princesa ndlr).

Deux intra-musculaires (et pas dans l’épaule !), un lavage des plaies, un malaise vagal (la turista de Steph faisait des siennes) et un passage à la caisse plus tard, l’affaire était classée, du moins  pour le soir… Quelle journée. Puta perra de chinga de mierda !

Moralité : si dans le désert , sur une princesse vous tombez, par sûreté ne lui présentez pas vos mollets !

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