Au sud de Medellin…

– du mercredi 29 mai au lundi 10 juin –

Juste après Fredonia

Voilà deux semaines que nous avons quitté Medellin et ses grands immeubles de briques. Deux semaines à faire les sacoches, défaire les sacoches, refaire les sacoches, gonfler les pneus, chercher notre chemin, et surtout pédaler dans cet océan de montagnes verdoyantes. A travers les innombrables plantations de caféiers, bananiers, forêts de bambou, et villages d’altitude, nous avons peu à peu découvert ce que sera notre routine pour les mois à venir. Phase d’apprentissage, ON !

De Medellín à Manizales, sur les conseils de notre hôte Jeremy, nous avions choisi de partir vers l’ouest, à la découverte des villages de Jérico, Jardín, et ceux que nous croiserions en chemin. Premiers coups de pédale, et, sans surprise, début du dénivelé ! Si l’assaut des premiers cols fut un peu rude pour nos petites gambettes vierges de sommets andins, nous fûmes véritablement conquises par l’ambiance de la région.

Entre Jardin et Jérico

Chaque jour, une nouvelle route, parfois sur des chemins de traverse, seules au milieu d’une nature luxuriante ; Ci-et-là des maisons fleuries surgies de nulle part (et leurs chiens de garde à la férocité inversement proportionnelle à la taille), puis, après une « petite » averse, une rencontre fortuite au détour d’un bananier.

Parce que dans nos galères, on n’est jamais restées seules très longtemps. Un mur de boue à franchir ? Des enfants nous accompagnaient en poussant les vélos avec nous. Une pluie trop coriace ? On nous emmenait à destination, les vélos sur le toit. Nous faisions fausse route ? Un passant s’arrêtait et nous indiquait la bonne route à suivre. Quel accueil !

Chaque soir, nous retrouvions l’ambiance d’un petit village d’altitude tranquille, où l’on se réunit le soir après la messe pour déguster un café (ou une bière) sur la place centrale. Une vie hors du temps. On a kiffé grave !

La piste reliant Jérico a Jardin nous a particulièrement émerveillées. La redescente de Riosucio au fond de vallée, aussi. Ah, oui, et aussi la première montée à Fredonia. Et le soir sur la place du village qui surplombe la vallée, l’orage grondant au loin ! C’était fou.

Le village de Jardin

Une semaine, quelques kilomètres, mille souvenirs, et surtout 7000m de dénivelé plus tard, après une dernière journée de montée exclusive entre les grains de café, nous arrivions à Manizales. OUF !

Sous la Torre del Cable
En attendant Pilar

Nous devions y retrouver Pilar, un guide de montagne dégoté sur le site Warmshower, qui allait nous accueillir dans son superbe refuge de montagne à quelques pas de la ville. Après 3h d’attente sous la célèbre « Torre del Cable », enfin des nouvelles de Pilar.

Et là, surprise : « Pilar est une fille ! » (Pour les incultes, revoir le célèbre dessin-animé Là-Haut). Nous avons bien ri, car Pilar est en fait professeur d’Architecture à la faculté de Manizales, et probablement aussi guide du parc national de Los Nevados, mais pas comme nous l’imaginions.

Des trois jours passés à Manizales, nous retiendrons surtout le drôle de séjour dans la petite cabane au fond de son jardin, avec ses 4 chiens, ses 5 chats, un petit courant d’air, et un coloc’ cyclotouriste sans vélo, qui racontait jouer de la guitare dans la rue pour repartir ensuite chercher son vélo quelque part en Équateur. Pilar est adorable, débordante d’énergie, et d’envie de partager des moments avec tous les voyageurs qui souhaiteront faire étape chez elle.

Elle nous aura introduit dans le milieu des « cicloviajeros », en nous présentant à Cris, une mexicaine partie de Oaxaca seule il y a 9 mois, ou encore Maria, une polonaise qui arpente les routes d’Amérique depuis maintenant 2 ans, toujours vers le sud. On s’est senties petites joueuses avec nos 7 mois à vélo !

Après une sympathique soirée mexicaine avec la petite famille éphémère des cyclovoyageurs, nous reprenions la route, vers Salento et le parc de Los Nevados, dans l’espoir d’aller se frotter à ses glaciers majestueux.

Pilar, sa maison de bambou, et nous

On se serait bien passées de la sacrée pluie qui s’abattit sur nous peu de temps après avoir quitté Manizales. Le destin ? Heureusement, c’en était fini du dénivelé « de ouf » (#Pifi) pour quelques jours. Et puis… ça nous aura donné l’occasion de constater que la vieille Gore-tex de Steph n’était plus si imperméable que ça. Oups ! 

Un truc chouette avec le vélo, c’est que ça donne une bonne excuse pour manger beaucoup, souvent, et n’importe quoi. Nous avons depuis longtemps perdu le compte des empanadas de bord de route, des repas copieux de medio dia ou des burgers providentiels récompensant chacun de nos exploits sportifs (oui, quand on ne part de rien, chaque jour est une belle victoire !). Nous ne nous souviendrons que trop bien cependant du repas trop riche que nous décidâmes d’engloutir juste avant la toute petite montée de 200m qui nous séparait de la charmante bourgade de Salento. ? Qué tal la llegada a Salento, chicas ? ! Un ENFER ! Note pour plus tard : la pause déjeuner, c’est APRES la montée. 

L’arrivée à Salento !

Nos estomacs remis de cette regrettable erreur stratégique, nous découvrîmes avec plaisir Salento et ses alentours. Certains la disent trop touristique, dénaturée, en comparaison aux pueblitos de la zona cafetera cachés aux alentours…

Il est vrai qu’avec tout ce monde, ces restaurants en enfilade sur la place centrale, et les opérateurs de sorties touristiques, ça changeait de l’ambiance des semaines passées.  Mais pour ses petites ruelles bien rangées aux maisons colorées, ses habitants d’une gentillesse rare, son café, et ses environs bucoliques à souhait, on a trouvé que Salento valait le détour !

sur la place centrale de Salento

C’est amusant, comme à vélo, cette expression prend tout son sens…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s