Sur la route de Carthagène à Sta Marta

– du samedi 18 mai au mardi 21 mai 2019 –

Le plan était de longer la côte jusqu’à Santa Marta, mais tout compte fait, longer l’autoroute sur 200km ne nous plaisait pas tant que cela.

Nous partîmes donc de bon matin, le cuissard enfilé, et la fleur au fusil, en direction de la campagne, destination Luruaco et sa fameuse lagune repérée sur je ne sais quelle carte par Émilie. Première épreuve: sortir de Carthagène à vélo. Après les klaxons du centre ville, ceux du marché, puis de la voie rapide… En un clin d’oeil (environ 1h30), nous nous élancions, victorieuses, sur une charmante route de campagne, filant tout droit vers un ciel menaçant. Évidemment, 30mn plus tard, 30mm de pluie s’abattirent sur nous en l’espace de 30 secondes, ô joie. Dans l’histoire, on aura gagné un café offert par un sympathique gars du coin; café dans lequel il avait probablement mis 30 sucres. Notre diabète et nous repartîmes une fois la pluie stoppée et les chaussettes essorées. Ce qu’on ne savait pas, c’est que notre GPS, ce coquin, nous avait réservé ensuite 30 km (pour de vrai cette fois) de piste boueuse vallonnée à travers champs, à fuir un hypothétique orage qui ne vint jamais. Boue-colle-ique à souhait. Grâce au deux enfants (non, pas 30) qui nous accompagnèrent à vélo sur les derniers km del camino, nous pûmes rejoindre la route pour atteindre enfin Luruaco la promise (rebaptisée lurucao, lucurcao et même lourakili au fil de la journée). Nouvelle rencontre providentielle, et nous qui voulions planter la tente nous retrouvâmes nourries et logées chez un ranchero du coin. Douche, cervecita et un poisson frit chacune, siouplait! Tant pis pour le bivouac lagune, et vive l’hospitalité des colombiens.

Emilie fuyant l’orage qui ne vint jamais à nous
Maracuja se repose dans son écurie, après une rude journée

Deuxième jour:
! Vamos a Barranquilla !
Cette étape constituait pour Émilie le but ultime du voyage. Barranquilla, ville natale de Shakira, alias Shak, pour les intimes.
La route fut belle, sans encombres, traversant quelques villages isolés. Malgré la chaleur, pédaler à travers haciendas, fincas et manguiers était un vrai plaisir. Émilie, qui pédalait plus vite que son ombre, n’était plus qu’un petit point rouge au milieu du paysage verdoyant. 60km plus tard, nous arrivions triomphantes à Barranquilla, juste après l’orage… Mais une fois là-bas, misère, point de Mme Ira, qui restait introuvable dans ce dédale de ruelles inondées. Note pour plus tard: pour arriver à bon port, il est plus judicieux d’écouter les passants plutôt que de suivre la trace d’un gps étranger. Après deux bonnes heures d’errance (et 15km de rab à force d’aller-retours), Émilie revint à la raison. Nous ne trouverions pas Shakira, ni sa chère maman (Mme Ira, ndlr). La journée se termina miraculeusement par la trouvaille d’un hôtel providentiel, tout confort, dans cette ville peu accueillante. Whenever, wherever, we’re meant to be together (promis c’en est fini de Shakira!)

Monument à Shakira, qui trône fièrement on ne sait où dans Barranquilla…

De Barranquilla, il nous restait quelques 110km de route longeant la mer, pour rejoindre Santa Marta. Comme on apprend de nos erreurs (on n’a pas fini d’apprendre!), on préférait éviter une arrivée en ville après tous ces kilomètres en fin de journée. Le premier jour fut donc consacré à rejoindre Ciénaga, petite bourgade en bord de mer située à 75-80km de Barranquilla. Comme pour sortir de Carthagène, passage obligé par le marché grouillant aux mille couleurs, dans l’effervescence du petit matin. Puis, sous un grand soleil, ! ay dios mio qué calor ! nous nous élançâmes sur la magnifique route qui longe la côte jusqu’à Ciénaga. Pendant 50km, à gauche la mer des Caraïbes et sa plage de sable blanc, parsemée ci et là de bateaux de pêcheurs. A droite, tantôt la lagune asséchée aux couleurs claires et grues posées dans le sable, tantôt un tapis de végétation sèche comme figée par le vent. C’était beau ! Bon, comme c’est aussi la route principale du coin, nous n’avons pas beaucoup lâché le guidon, et l’appareil photo est resté bien à l’abri dans la sacoche.

Emilie on the road
La fine équipe

Avant Ciénaga, la côte est bordée de villages de pêcheurs, ou plutôt d’amas de cases aux toits de tôles, sans eau ni électricité pour certains. Sacré contraste avec les villes toutes bétonnées autour, et leurs immeubles imposants sur le front de mer. Même là, les gens étaient chaleureux, encourageants et curieux à notre égard.
Un poisson grillé (et 1L de coca) plus tard, nous avalions les quelques km qui nous séparaient de Ciénaga.

La douceur du soir sur la plage de Ciénaga

Ciénaga. Paisible ville au bord de la mer des Caraïbes, où il fait bon flâner sur la plage ombragée jusqu’à la tombée de la nuit. Tandis que les pêcheurs démêlent leurs filets, sur la plage, des jeunes s’affrontent au football, vêtus du maillot du coin ! Vamos Barranquilla ! Partout, de la musique, sortant de grosses enceintes posées à même la rue. Sur une estrade, des jeunes filles en robes colorées répètent des pas de danse traditionnelle, guidées par un clarinettiste.
Après une journée de vélo, c’était doux, loin de la grosse ville qui gronde.

La fin du jour à Ciénaga


Le lendemain, il ne nous restait plus que 30km à longer « l’autoroute » pour rejoindre Santa Marta. No comment. A la mi-journée, nous étions rendues, après la plus vilaine côte de cette première étape.

Bravo Maracuja, bravo Majangoma !

Santa Marta, sa banlieue, son front de mer…

Un commentaire sur “Sur la route de Carthagène à Sta Marta

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s